L’errance dans les épopées des années 1650

Francine Wild (Université de Caen Basse-Normandie)

Les héros des épopées du milieu du XVIIe siècle ne partent pas «à l'aventure» tels ceux des romans médiévaux ; ils se déplacent avec un but ou une mission dont ils sont chargés. Mais diverses causes peuvent les amener à errer; l'épreuve est généralement temporaire, et l'issue positive. Le déroulement spatial de l'aventure est doublé d'une errance intérieure : le héros (ou l'héroïne) est mené(e) par de puissantes passions, soumis(e) à diverses illusions maléfiques et à des tentations. L'errance représente donc l'espace de tous les possibles : lieu des surprises et des annonces, lieu des choix à faire, lieu des revirements et des conversions aussi, car les héros ne se perdent pas définitivement. Les suppôts du mal, les saints, ne sont jamais dans l'errance. En analysant les modalités de l'errance, on peut voir des écarts entre les poètes en ce qui concerne leur vision de l'homme. Le corpus comprendra les quatre principaux poèmes héroïques de la décennie : Alaric de Scudéry (1654), La Pucelle de Chapelain (1656), Clovis de Desmarets (1657) et Saint Louis du Père Le Moyne (1658).