Peut-on retrouver son chemin? Résoudre les errances dans les suites du Roman comique

Isabelle Trivisani-Moreau (Université d'Angers)

Composé de deux parties, parues en 1651 et 1657, Le roman comique semble en attente d’un achèvement lorsque meurt Scarron en 1660 : cet inachèvement ainsi que le succès durable d’une oeuvre dont témoigne particulièrement la production iconographique au siècle suivant expliquent la parution de suites. On s’arrêtera ici sur deux d’entre elles : celle dite d’Offray (1663) et celle de Préchac (1679), en se demandant comment elles répondent au principe d’errance picaresque que l’on peut identifier dans l’hypotexte dont elles découlent. L’idée même de donner une suite, voire une conclusion, résorbe a priori le principe de l’errance au fondement de ce roman; à trop vouloir résoudre, le risque est grand de trahir sa nature profonde. Comment les deux auteurs des suites viennent-ils traiter les recettes éprouvées d’une oeuvre fondée sur l’errance? Qu’en est-il des personnages (suite et fin de leurs aventures, amplification de personnages secondaires, création de nouveaux personnages)? Des «préparations» d’intrigues restées en suspens? Des nouvelles histoires insérées? Qu’en est-il, enfin, de la question géographique associée au roman de comédiens ambulants?