Errance et droit chemin dans La solitude et l’amour philosophique de Cléomède de Charles Sorel

Marie-Florence Sguaitamatti (Université du Québec à Montréal)

La solitude et l’amour philosophique de Cléomède de Sorel (1640) invite le lecteur à suivre la quête philosophique du héros éponyme, présentée à travers l’évocation des occupations qui ponctuent sa retraite à la campagne, le récit de songes allégoriques et la relation d’événements historiques. Dans ces différents éléments du récit, les déplacements occupent une place importante : non seulement en raison des songes qui relatent tous des errances allégoriques, mais aussi des promenades-méditations du héros et de la biographie de son illustre ancêtre. L’inscription de son parcours intellectuel dans l’espace mobilise les deux images de l’errance et du droit chemin, qui s’entrelacent pour participer à une réflexion sur le savoir, la sagesse et la place de l’homme de lettres dans la société. La polysémie et la richesse du contexte auxquelles renvoient ces images invitent à mettre en rapport les interrogations de Sorel sur les facultés de l’esprit, l’erreur, l’expérience mais aussi sur la lecture, l’encyclopédisme comme méthode et la constitution de l’œuvre de l’écrivain.