“La colère, ou plutôt la raison” : la dissidence politique dans Cosroès de Rotrou

Anna Rosensweig (University of Minnesota)

Au seizième siècle, la dissidence politique pouvait prendre pour cible le roi lui-même, les théories de la souveraineté populaire autorisant les sujets à mettre en question les positions politiques et religieuses du monarque. Avec l’essor de l’absolutisme, la dissidence politique devait se limiter de plus en plus à la critique des ministres, ou bien de tous ceux qui semblaient avoir l’oreille du souverain. Cosroès de Rotrou (1648) semble adhérer à cette limite de la dissidence, en présentant des conseillers trop ambitieux qui promeuvent le désaccord parmi les membres de la famille royale, troublant ainsi l’ordre politique. Mais, parallèlement, la pièce élabore aussi une forme de dissidence plus radicale, en questionnant la possibilité d’une volonté souveraine stable et cohérente. Mettant en relief la manière dont Rotrou y critique la volonté souveraine, nous considérons ce texte en tant qu’espace de subversion, jouant des limites de la dissidence politique de son moment historique.