Entre salon et désert : les errances du Misanthrope

Eglantine Morvant (Science Po)

L’errance dramatique d’Alceste se manifeste au travers de ses nombreuses allées et venues entre la scène, le salon de Célimène et le hors-scène de la ville, voire du désert. Elle présente le protagoniste du Misanthrope comme un individu hésitant. Son indécision concerne d’une part le fait de quitter le monde des courtisans; d’autre part, celui de mettre un terme à son commerce amoureux. Cette communication se propose d’explorer la transformation que cette errance opère sur Alceste, c’est-à-dire le procédé de maturation auquel elle donne lieu. À chaque fois qu’il quitte le salon de Célimène, Alceste éprouve le monde dans son âpreté et affermit davantage sa critique de la société, jusqu’à l’obtention d’une volonté claire. Aussi, l’errance d’Alceste s’achève-t-elle quand son désir de quitter le monde n’apparaît plus comme le fantasme d’une fuite mais comme une résolution raisonnable. Ce départ devient alors synonyme d’une quête, procès nécessairement social.