“Nous ne pensons ici qu’à vaguer deçà et delà” : le voyage en Italie dans les Mémoires et lettres de voyage de Sophie de Hanovre

Christine McCall-Probes (University of South Florida)

La phrase citée dans le titre de cette communication transmet le caractère errant du voyage en Italie (1664-1665) entrepris ostensiblement par la princesse allemande Sophie de Hanovre (1630-1714), parente par alliance de Louis XIV, pour expérimenter le carnaval à Venise. Cette remarque à son frère, pourtant, s'achève sur une construction qui avoue une intention complémentaire, liée à l'épanouissement de son «moi» et qui nous rappelle qu'elle «se délectait de Montaigne» : «afin que je devienne eine bereiste Dame», soit une dame qui a vu du pays. Je propose de lire les Mémoires et les lettres de Sophie afin de reconstituer un récit de voyage essentiellement composé «pour éviter la mélancolie et pour conserver [son] humeur dans une bonne assiette».