Écrire dans la Fronde : le cas d’Antoine Godeau

Anne-Sophie Fournier-Plamondon (Université Laval)

Antoine Godeau est traditionnellement présenté comme un auteur à la fois galant et religieux, rarement pour son action politique. Pourtant, il évolue dans les milieux du pouvoir formels et informels, figurant dans la clientèle des grands du royaume, agissant comme député en Provence, participant à la sociabilité mondaine parisienne. De plus, son investissement dans des luttes politiques du XVIIe siècle est souvent passé sous silence. Ainsi, durant la Fronde, on note une production écrite intensive : plus de trente de ses textes sont publiés ou republiés, alors qu’il n’est associé à aucun parti. Parmi ces écrits, certains comptent quelques pages, d’autres, plusieurs centaines; il s’agit autant de mazarinades que d’écrits massifs, qui relèvent d’autres pratiques de lecture que celles qu’on attribue généralement aux publications frondeuses. Leur étude, ainsi que celle de leur circulation et de leur reprise permet d’appréhender la participation de l’évêque de Grasse et de Vence à une des plus grandes crises politiques qui secoue la France du XVIIe siècle, et d’interroger la présence du religieux sur le théâtre des guerres civiles.