Errare humanum est, perseverare diabolicum : modalités de la correction dans les écrits de la Nouvelle-France

Sébastien Côté (Carleton University)

Les premiers contacts avec la diversité humaine des Amériques ne furent pas exempts de malentendus et d’errements. En 1632, le jésuite Paul Lejeune affirme péremptoirement que «[l]es Canadiens ne [...] sont attachez au culte d’aucune Divinité». En cela, il n’est ni le premier ni le dernier à s’égarer au contact de l’inconnu, ce qu’il admettra d’ailleurs dès l’année suivante. Mieux informé, il révisera alors sa remarque sans la moindre ambiguïté. Au contraire, pour Gabriel Sagard, les Hurons «surpass[e]nt la pieté des Chrestiens, puis qu’ils n’espargnent rien pour le soulagement de leurs âmes, qu’ils croyent immortelles». Cette communication se propose d’analyser le motif de la correction (de soi-même ou d’autres auteurs) dans un échantillon d’écrits de la Nouvelle-France, de Lejeune à Charlevoix. Il s’agira de déterminer selon quelles modalités celui-ci se déploie, entre l’ajout d’une pierre à l’édifice du savoir et l’énième reprise d’une affirmation erronée, mais le plus souvent sous prétexte d’offrir aux lecteurs une représentation au plus près d’une réalité vécue.