Les vies de saints sur scène : errer, est-ce une erreur dramaturgique?

Ana Conboy (Boston College)

La vie du chrétien converti, puis devenu saint est souvent tripartite : une conversion, phase d’ascèse, suit une phase profane; elle se termine par la mort, parfois en martyr. La mort, le comble du pèlerinage de vie terrestre, est l’achèvement souhaité et volontairement accepté pour accéder à la «vraie» vie. L’errance géographique, moment de méditation, de contemplation, de recherche et découverte de soi, caractérise la phase de dévotion du converti. Dans les décennies 1630 et 1640, une vogue de théâtre hagiographique se présente sur les planches parisiennes. Mais un problème se pose : comment montrer sur scène le chemin du converti et l’aboutissement dans la mort violente, à une époque où les tragédies étaient tenues l’unité de temps?