Figures errantes? À propos des gravures du Mercure galant (1678-1710)

Barbara Selmeci Castioni (Université de Lausanne)

En 1678, après six ans de publication irrégulière, le Mercure galant se stabilise en une publication mensuelle : la fin de cette errance éditoriale coïncide avec la mise en œuvre d’un programme iconographique conséquent, visant à doter le périodique de plusieurs planches gravées pour chaque volume. Si elle coïncide avec cette stabilisation, la gravure d’illustration ne constitue pas pour autant un facteur de fixation des genres littéraires représentés dans le périodique. Au contraire, elle engendre de nouvelles expérimentations génériques. La présente communication veut mettre en lumière les rapports entre l’hétérogénéité générique des gravures et la diversité des genres littéraires représentés. La part d’expérimentation que le choix d’illustrer le périodique suppose amène à considérer ces illustrations comme des figures errantes, témoins d’une quête de cohérence, d’équilibre et d’efficacité au sein d’une revue culturelle et historique majeure sous le règne de Louis XIV.