Égarements précieux dans trois traités catholiques sur le mariage

Claire Carlin (University of Victoria)

Le traité catholique sur le mariage est né de la Contre-Réforme et qui a pour but de revaloriser l’institution face à l’innovation protestante. Comme Agnès Walch le montre dans La spiritualité conjugale dans le catholicisme français, XVIe-XXe siècle (2002), les grandes lignes du genre sont fixées au cours du premier tiers du XVIIe siècle : informer, éduquer et conseiller les mariés en mettant l’accent sur trois grands sujets, exposés dans l’ordre suivant : importance du mariage dans sa vocation divine, importance de la bonne entente conjugale et devoirs du couple envers enfants et domestiques. Toutefois, certains traités publiés entre 1640 et 1670 quittent les sentiers battus en faveur d’un ton et d’un style qui les distinguent des autres manuels de vie conjugale; trois d’entre eux méritent une relecture à la lumière de la sensibilité précieuse dont ils sont pénétrés, cette stratégie rhétorique disparaissant à partir des années 1670 à la faveur d’une tonalité sévère visant à toucher les «honnêtes gens».