Je m’étudiais à oublier tout à fait mon nom” : une trajectoire sociale au prisme de la fiction comique dans Le Page disgracié

Mathilde Bombart (Université Jean Moulin - Lyon 3)

L’itinéraire des héros des histoires comiques de la première moitié du XVIIe siècle est souvent décrit comme une errance désorientée. Pourtant, d’autres logiques travaillent ces romans, qui impliquent une mise en question des fonctionnements de la société de leur temps. À partir du Page disgracié de Tristan L’Hermite (1643), nous verrons que cet itinéraire fait apparaître une tension entre, d’une part, les principes du hasard, auxquels le narrateur rapporte explicitement son cheminement, et, d’autre part, la possibilité d’observer la présence d’une chaîne presque continue de relations et de liens (sociaux et familiaux notamment). Autrement dit, le récit est travaillé par une logique souterraine qui contredit l’apparence de l’errance; l’itinéraire du héros s’en trouve, discrètement mais sûrement, motivé.